Ne devient pas un homme pour les hommes; reste toi-même pour l'humanité.-Colette Turgeon.
Écrire
Pour parler de nous
De ce que nous sommes
Ou aimerions être
Écrire pour se connaître
Se continuer
Ou s'inventer.
Colette
Turgeon

La jeunesse
Ça ne parle pas
La jeunesse
Ça regarde
Ça fouille partout
Avec les yeux
Ça vous arrache le coeur
Pour y voir de plus près
Parce que c'est myoppe
La jeunesse
Elle a besoin de lunette
Des verres teintés en bleu
Avec une monture terre de sienne
Mieux que ça
Une loupe dans chaque oeil
Pour voir au fond du crâne
Quand elle vous fixe
Derrière la tête
Il ne faut plus qu'elle voit le brouillard
Qu'elle se cogne partout
Dans le noir de ses yeux
Faut qu'elle voit loin
La jeunesse
Et grand
Aussi loin que sa vieillesse
Aussi grand que son avenir
Faut qu'elle se voit enfin
La jeunesse
Depuis le temps
Colette
Turgeon
Métamorphose
De ce monde
Je ne voyais que les hautes herbes
Qui me
protégeaient
Et j'allais confiante
Parmis mes semblables
Sans peur
Satisfaite de leur présence
Et des beautés qui m'entouraient
Puis vint le grand sommeil
Cette longue réflexion sur moi-même
Ai-je rêvé vraiment
Ai-je dormi tout ce temps
Liberté
Tu me fut donnée
Le jour ou mes ailes fragiles
M'ont pour la première fois
Porté au-dessus de mon nid
Cette terre que je frôlait du ventre
Aurait-elle à ce point tournée
Qu'elle en changea les saisons
Mais aussi les hommes
Aurais-je survolé le monde
A coups d'ailes trop pressé
Pour m'appercevoir aujourd'hui
Que c'est moi qui ai changée
Colette Turgeon
Mer de vert
Les bras du fort rocher
ne saurait la retenir
Calme plat
Miroir sans tain
Verre fragile vert d'espoir
Sous ses plus beaux jours
Sous sa robe en dentelle d'or salé
Il ne manque à son corps sage
Qu'un bouquet de vent pour l'animer
Délivrée par la soudaine caresse
Elle se fait forte de noyer toutes choses
Elle boulverse se renverse et se bat
Jusqu'à ce que bercée par un chant de lune
En son fort intérieur se brise
Sans mot dire
Calme plat
Colette Turgeon
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